Malus écologique et taxe au poids : le calcul 2026
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Malus écologique et taxe au poids : le calcul 2026

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Immatriculer un véhicule neuf en France déclenche deux taxes cumulables : le malus au CO2, dû dès 108 grammes par kilomètre en 2026, et la taxe sur la masse en ordre de marche, due dès 1 500 kilos. Leur total est plafonné à 80 000 euros. Voici comment le calcul se déroule et qui y échappe.

Deux taxes, un seul moment : la première immatriculation

Le malus écologique ne se règle qu’une fois, quand le véhicule reçoit sa première carte grise française. Rien à voir avec le coefficient de réduction-majoration de l’assurance, que le langage courant surnomme lui aussi malus. Ici, la taxe est perçue par l’administration fiscale au moment de la demande d’immatriculation, sur le même dossier que la taxe régionale calculée à partir des chevaux fiscaux.

Deux prélèvements distincts coexistent, régis par le code des impositions sur les biens et services à ses articles L. 421-58 et suivants :

  • la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone, dite malus CO2 ;
  • la taxe sur la masse en ordre de marche, dite malus au poids ou TMOM.

Les véhicules visés relèvent de la catégorie M1, les voitures particulières, ainsi que certaines camionnettes de la catégorie N1 dotées d’au moins cinq places assises. Les véhicules électriques et à hydrogène échappent au malus CO2 sans condition, d’après service-public.gouv.fr.

Lire le CO2 et la masse sur le certificat d’immatriculation

Trois champs suffisent à reconstituer le calcul, et deux d’entre eux se ressemblent au point de tromper régulièrement les acheteurs :

  • le champ V.7 porte le taux d’émission de CO2 en grammes par kilomètre, homologué selon la procédure WLTP ;
  • le champ G indique la masse en ordre de marche, conducteur forfaitaire de 75 kilos compris ;
  • le champ G.1 affiche le poids à vide national, soit le champ G diminué de ces mêmes 75 kilos.

Seuls V.7 et G alimentent le calcul du malus. Le champ P.6, lui, ne concerne que la part régionale de la facture : le détail du nombre de chevaux fiscaux n’entre pour rien dans les deux taxes environnementales. Le repérage exact de ces rubriques est détaillé dans notre guide pour décoder sa carte grise.

Le malus au CO2 se compte au gramme près

Le barème 2026 démarre à 108 g/km, contre 113 g/km l’année précédente. Chaque gramme au-dessus de ce seuil possède son propre tarif, et la progression n’a rien de linéaire : elle s’emballe dans la partie haute du tableau. Le montant plafonne à 80 000 euros à partir de 192 g/km, contre 70 000 euros en 2025.

Émissions de CO2 (g/km)Montant du malus 2026
10850 €
120310 €
130983 €
1402 205 €
1504 279 €
1608 770 €
17022 380 €
192 et au-delà80 000 €

Barème annexé à la loi de finances pour 2026, relevé par L’Argus.

Une courbe qui s’emballe au-delà de 140 grammes

Trente grammes séparent 130 de 160 g/km. En euros, l’écart passe de 983 à 8 770, soit un facteur neuf. Le problème ? Ces trente grammes se gagnent vite sur un configurateur. Des jantes de dix-neuf pouces au lieu de dix-sept, une transmission intégrale, un toit ouvrant : chaque option modifie l’homologation de la version commandée.

Deux finitions du même modèle peuvent donc atterrir dans deux tranches très éloignées. Un acheteur qui compare uniquement les prix catalogue rate cette marche. Demandez systématiquement le taux WLTP de la configuration exacte, pas celui de l’entrée de gamme affiché en publicité.

Détail macro d’une carrosserie bleu métallisé, nervure de capot et jonction d’aile

La taxe au poids : le seuil descend à 1 500 kilos

Créée pour freiner l’alourdissement du parc, la taxe au poids se déclenchait à 1 800 kilos lors de son introduction, puis à 1 600 kilos en 2025. Depuis le 1er janvier 2026, elle frappe dès 1 500 kilos de masse en ordre de marche. Le changement d’échelle est considérable : de nombreux breaks familiaux, monospaces et SUV compacts basculent d’un coup dans la zone taxable.

Le barème n’applique pas un tarif unique. Il fonctionne par tranches successives, à la manière de l’impôt sur le revenu :

Tranche de masseTarif par kilogramme
Jusqu’à 1 499 kg0 €
De 1 500 à 1 699 kg10 €
De 1 700 à 1 799 kg15 €
De 1 800 à 1 899 kg20 €
De 1 900 à 1 999 kg25 €
2 000 kg et au-delà30 €

Le calcul tranche par tranche, en pratique

Prenons un véhicule affichant 1 780 kilos au champ G. La taxe se décompose en deux morceaux :

  1. la fraction comprise entre 1 500 et 1 700 kilos, soit 200 kilos taxés à 10 euros, donne 2 000 euros ;
  2. les 80 kilos suivants, situés dans la tranche à 15 euros, ajoutent 1 200 euros.

Total : 3 200 euros de taxe au poids, à régler en plus du malus CO2 et de la part régionale. Un acheteur qui raisonne avec l’ancien seuil de 1 600 kilos sous-estime la note de plusieurs milliers d’euros.

Les abattements de masse selon la motorisation

La motorisation retranche des kilos avant l’application du barème. L’abattement joue sur la masse, jamais sur le montant final :

  • véhicules électriques et à hydrogène : exonérés jusqu’au 30 juin 2026, puis intégrés au dispositif avec un abattement forfaitaire de 600 kilos depuis le 1er juillet 2026 ;
  • hybrides rechargeables dont l’autonomie électrique urbaine homologuée dépasse 50 kilomètres : abattement de 200 kilos ;
  • hybrides non rechargeables : abattement de 100 kilos.

Le seuil des 50 kilomètres mérite une vérification ligne à ligne sur la fiche technique. Un hybride rechargeable qui affiche 48 kilomètres perd la moitié de son abattement, ce qui représente une centaine de kilos taxés à 10 ou 15 euros pièce.

Pont élévateur à deux colonnes vide dans un atelier mécanique au sol béton

Cumuler les deux malus, et où s’arrête l’addition

Les deux taxes s’additionnent sur le même dossier d’immatriculation. Leur somme reste toutefois plafonnée à 80 000 euros en 2026, plafond commun aux deux prélèvements.

Un exemple chiffré éclaire l’ordre de grandeur. Soit un SUV thermique homologué à 150 g/km et pesant 1 950 kilos :

  • malus CO2 à 150 g/km : 4 279 euros ;
  • taxe au poids : 200 kilos à 10 euros, 100 kilos à 15 euros, 100 kilos à 20 euros et 50 kilos à 25 euros, soit 6 750 euros ;
  • total des deux malus : 11 029 euros.

À cette somme s’ajoutent la taxe régionale et les frais d’acheminement du titre. Le calcul complet de la part régionale, très variable d’une région à l’autre, est détaillé dans notre page sur le prix de la carte grise. Sur un véhicule de ce gabarit, la fiscalité d’immatriculation dépasse largement le coût d’une année d’assurance.

Qui échappe au malus : exonérations et réductions

Plusieurs situations effacent tout ou partie de la facture. Aucune ne s’applique automatiquement au guichet : la plupart passent par un justificatif ou par une demande de remboursement.

Handicap : une exonération totale des deux taxes

Deux cas ouvrent droit à une exonération complète, d’après service-public.gouv.fr : les véhicules accessibles en fauteuil roulant, et ceux immatriculés au nom d’un titulaire de la carte mobilité inclusion portant la mention invalidité. L’exonération vaut également lorsque le titulaire de la carte est une personne à charge du foyer fiscal du propriétaire.

Famille nombreuse : une réduction à réclamer après coup

Le mécanisme surprend souvent : vous payez d’abord le montant plein, puis vous demandez le remboursement. Les conditions sont cumulatives :

  • au moins trois enfants à charge au sens des prestations familiales ;
  • un véhicule d’au moins cinq places assises inscrites sur le certificat d’immatriculation ;
  • un seul véhicule par foyer et par période de deux ans, en achat comme en location longue durée.

L’abattement s’élève à 20 g/km de CO2 et 200 kilos de masse par enfant. Une famille de trois enfants voit donc son taux de CO2 minoré de 60 grammes et sa masse de 600 kilos avant application des barèmes, ce qui suffit fréquemment à annuler les deux taxes. La demande se dépose auprès du service des impôts, par messagerie sécurisée ou par courrier, avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit l’immatriculation.

Motorisations et carburants alternatifs

Le superéthanol ouvre droit à un abattement de 40 % sur le taux de CO2 retenu, réservé aux véhicules dont les émissions ne dépassent pas 250 g/km. Les véhicules d’au moins huit places acquis par une personne morale bénéficient d’une réduction spécifique du taux d’émission. Les modèles électriques et à hydrogène, eux, restent hors du champ du malus CO2.

Câble de recharge noir enroulé sur le sol béton d’un garage résidentiel vide

Occasion : trois situations, trois traitements

La question du malus sur l’occasion revient en boucle sur les forums d’acheteurs, avec beaucoup d’approximations. Trois cas se distinguent nettement.

Le véhicule est déjà immatriculé en France

Aucun malus n’est dû à la revente. Les deux taxes ont été acquittées à la mise en circulation initiale et ne se redéclenchent pas au changement de titulaire. Une berline de 2019 émettant 160 g/km change de propriétaire sans un euro de malus.

Le véhicule arrive de l’étranger

La taxe s’applique lors de sa première immatriculation française, puisqu’il n’a jamais alimenté les caisses françaises. Le calcul part du barème en vigueur, puis un coefficient de décote vient réduire le montant selon l’ancienneté écoulée depuis la première immatriculation étrangère. La réfaction démarre à quelques pourcents dans les premiers mois et atteint 100 % au-delà d’une quinzaine d’années. Aucun malus n’est réclamé lorsque la première immatriculation, quel que soit le pays, est antérieure au 1er janvier 2015. Les autres pièces à réunir pour ce type de dossier sont récapitulées dans notre guide sur l’immatriculation d’un véhicule étranger.

Le véhicule est français mais n’a jamais été taxé

Cas résiduel et pourtant réel : les voitures immatriculées en France depuis le 1er janvier 2015 qui n’ont supporté aucun malus lors de leur mise en circulation, comme celles du corps diplomatique ou celles acquises par un titulaire de la carte mobilité inclusion. Leur revente à un acquéreur ordinaire peut déclencher la taxation.

Route de campagne bordée d’arbres au petit matin, vue depuis le bas-côté

Faire baisser la note avant de signer le bon de commande

La marge de manœuvre existe, à condition d’agir avant la commande plutôt qu’au moment de payer la carte grise. Sept réflexes limitent la casse :

  1. réclamer le taux WLTP et la masse en ordre de marche de la version exacte, options incluses, et non les valeurs du modèle de base ;
  2. comparer deux finitions proches en euros de malus, pas seulement en prix catalogue ;
  3. renoncer aux jantes surdimensionnées et aux équipements lourds, qui alourdissent la masse et le CO2 simultanément ;
  4. lire la masse au champ G, pas le poids à vide du champ G.1, sous peine de sous-estimer la tranche ;
  5. contrôler l’autonomie électrique urbaine d’un hybride rechargeable, le seuil de 50 kilomètres commandant l’abattement de 200 kilos ;
  6. surveiller la date d’immatriculation plutôt que celle du bon de commande, car le barème applicable est celui du jour où le titre est délivré ;
  7. rassembler les justificatifs de famille nombreuse dès la signature, le remboursement se demandant ensuite sur pièces.

Le sixième point piège chaque année les acheteurs de fin d’année. Une voiture commandée en novembre mais livrée en janvier subit le barème de la nouvelle année, avec un seuil de déclenchement abaissé et des montants revalorisés. Faites écrire la date de livraison prévisionnelle dans le bon de commande, et discutez d’une clause de prise en charge si le constructeur glisse au-delà du 31 décembre.

Prochaine étape avant de valider votre configuration : relevez le taux de CO2 et la masse en ordre de marche de la version visée, appliquez le barème tranche par tranche, puis ajoutez la part régionale. Un quart d’heure de calcul évite une surprise à quatre chiffres au moment de régler l’immatriculation.

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